Etude de cas
Je rebondis sur un post que lu ce matin:
« Quand on me dit que mes études d’adaptation au changement climatique sont chères et pas obligatoires (…) Les petits investissements d’aujourd’hui feront les grandes économies de demain ! »
C’est vrai, et même évident pour la plupart d’entre nous et pourtant, les freins sont là: le coût bien sûr mais aussi le fait que ce ne soit pas obligatoire.
Ce qui m’intéresse avec Dside In, c’est de comprendre pourquoi ce sont des freins et leur lien avec les biais cognitifs. Explication.
Définition du biais cognitif
On retrouve dans la sitation ci-dessus plusieurs biais cognitifs.
C’est quoi, au juste? il s’agit d’une déviation systématique de la pensée. Une sorte de filtre mental (il y en a pas loin de 200). Ils sont universels et prévisibles. Pas d’exception. On a tous le package au départ. La seule nuance est que nous sommes plus ou moins sensibles à tel ou tel biais selon notre environnement, notre éducation… Par exemple, en France, nous sommes peut-être plus sujets au biais de négativité que nos voisins. Le biais de négativité est celui qui nous fait prendre davantage en compte les informations négatives que les positives.
A quoi sert un biais cognitif ?
Ces biais ont une utilité. Nous faire prendre des décisions rapides. On prendrait près de 35 000 décisions par jour. Très majoritairement des micro-décisions. (sandwich ou salade, je traverse ou pas, je te fais la bise ou pas…). On ne peut pas peser le pour et le contre de chacune de nos décisions et ses conséquences en toute circonstance. Les raccourcis mentaux sont nécessaires, parfois ils nous sauvent la vie (comme les réflexes). Parfois ils nous influencent dans une direction qui n’est pas la meilleure pour nous, autrement dit pas rationnelle. C’est souvent sans grosse conséquence. Mais parfois, c’est dommage voir dommageable pour nous.
Dans le cas de notre exemple, nous avons affaire à deux biais, qui sont d’ailleurs souvent associés.
Les deux biais cognitifs
D’abord, le biais du temps présent. Il nous incite à privilégier les avantages du présent (ici, je ne dépense pas d’argent et je suis libre) plutôt que les avantages plus tard, même s’ils sont beaucoup plus impactants : ne pas avoir à payer les réparations de ma poche (ce qui serait une catastrophe sur une catastrophe).
Le 2ème biais cognitif qui en découle c’est un biais d’inertie, lié à l’incertitude: le statu quo. Je sais ce que je perds, pas ce que je gagne, si je gagne. Et si je n’étais jamais victime d’un effet du changement climatique ? J’aurais investi pour rien. Alors je ne change rien.
L'information ne suffit pas
Ce que je viens d’écrire précédemment, c’est de l’information. De l’information sur notre mode de pensée intuitive. Elle peut éclairer, faire prendre conscience mais ne suffira pas à changer les comportements à court terme. Notamment, à cause de nos biais cognitifs. Si l’information suffisait, aucun médecin ne fumerait et tous feraient du sport.
Pour changer les comportements, en plus de l’information, il y a la carotte (la subvention par exemple), le bâton (l’obligation) et le nudge.
Le nudge késako?
Article rédigé par Laëtitia Pourias